Histoire de Saint-Germain-Laval

Histoire de Saint-Germain-LavalVue aérienne

Saint-Germain-Laval est un village atypique du sud Seine-et-Marne, situé aux confins de la Brie, constitué par la réunion d’une série de hameaux éloignés les uns des autres, autour d’un centre bourg qui lui a donné son nom.

Pontville, Courbeton, Merlange à l’ouest, Gardeloup, Petit-Buisson, Les Thibaudes au nord, Tréchy à l’est et la Seine au sud délimitent le contour de son territoire, dont l’histoire se perd dans la nuit des temps.

 

 

 Des origines lointaines

Implanté non loin du confluent de la Seine et de l’Yonne, dans une zone de passage très fréquenté, le site a été peuplé dès le néolithique, comme en témoignent les découvertes de nombreux outils : pointes de flèche, pointes moustériennes, tranchets, grattoirs, racloirs, burins, haches.

Plus près de nous, une cité antique existait sur l’emplacement du cimetière de Montereau, sur les flancs de la colline de Saint-Martin et elle s’étendait sur toute la plaine de Courbeton jusqu’au fleuve.

Enfin, des sépultures gallo-romaines ont été mises au jour et des pièces de monnaie en bronze de l’époque romaine, à l’effigie de Constantin, ainsi qu’un abondant mobilier gallo-romain ont été découverts à Gardeloup, Merlange, Courbeton.

 

 

 Un don de Charlemagne

L’histoire de Saint-Germain-Laval commence traditionnellement en 786, lorsque Charlemagne fait don à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés d’un domaine rural, appelé Madriolas (Marolles) et d’un tronçon de Seine entre un village dénommé Alsiacius et le monastère de Saint-Maurice.

L'église Saint-Germain-Saint-Laurent

En 1126, la paroisse existe, autour de son église, dont la construction a débuté aux environs de 1080. Cette église est flanquée d’un prieuré, qui accueille une communauté de moines de l’ordre de Saint-Benoît. A partir de cette date, le nom du village apparait fréquemment dans les textes relatifs à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ce Madriolas, dont l’emplacement vraisemblable se situait sur l’actuelle plaine de Saint-Pierre, aurait été détruit entre 880 et 1100, soit au cours des grandes invasions normandes, soit à la suite des guerres civiles qui sévirent au Xème et au XIème siècle entre les seigneurs locaux. Les habitants de Madriolas se seraient alors réfugiés, les uns de l’autre côté de la Seine dans un lieu qui prit le nom du village détruit (Marolles), les autres sur les hauteurs appartenant à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés qui adoptèrent plus tard le nom de Saint-Germain.

       Sanctus-Germanus en 1209,
       Sanctus-Germanus –Super-Monsterolium en 1235,
       Sanctus-Germanus-de-Vallé en1350,
       Saint-Germain-sur-Montereau en 1485,
       Saint-Germain-de-Lavau en 1510,Saint-Germain-Le-Val en 1549.

 

 

 Un territoire sur deux seigneuries

Le territoire de la commune appartient pendant toute la période moyenâgeuse à deux seigneuries, celle de Tréchy-sur-Bezaude et celle de Saint-Germain-Laval, qui auront deux histoires parallèles qui ne se confondront qu’au moment de la Révolution de 1789.

Le village subit pendant cette période toutes les conséquences des épreuves que traverse le pays :

       guerre de cent ans et batailles à répétition pour le contrôle des passages de Montereau entre 1350 et 1437,
       guerre de religion et longues occupations alternatives par les troupes catholiques et huguenotes du château de Montereau qui commande les ponts entre 1567 -1570,
       guerre de trente ans et Fronde, et l’incessant va-et-vient des troupes royales et de celles des frondeurs,
       famines de 1573, 1586, 1690,
       épidémies de peste de 1582 et 1627.

L’hiver de 1709, particulièrement rigoureux, entrainera une longue période de famine, suivie d’une grande mortalité. Ce rude hiver semble marquer la fin des années terribles et ouvrir des temps plus cléments.

En 1734, Joseph, Micault d’Harvelay, garde du trésor royal, achète le domaine de Courbeton et fait construire un château à l’architecture sobre et élégante qui domine la Seine par une longue terrasse. Il fait simultanément aménager un parc à la française et implante une faïencerie qui, en dépit de quelques vicissitudes, fonctionnera jusqu’en 1870 ; son propriétaire de l’époque, monsieur Gaillot,  exposera à l’exposition universelle de 1855.

Le château appartiendra successivement aux familles de Lesparda et de Saint-Aulaire de 1791 à 1818, au Cardinal de La Fare, rédacteur du projet de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et à sa famille de 1818 à 1860, à la marquise de Guaïta, grande bienfaitrice de la commune, de 1860 à 1873, à la famille Davin de 1873 à 1899 et à la famille Haumont  jusqu’à sa destruction en 1975. Un centre de formation des apprentis a été construit sur son domaine.

A la Révolution, le village compte à peine 268 habitants résidant en grande partie à Gardeloup, Petit-Buisson et Tréchy.

 

 

 Une lente évolution vers la modernité

Pavillon à CourbetonLe village évoluera peu au cours du XIXème siècle.

Le bourg et les Thibaudes connaîtront un début d’urbanisation à partir de 1850, tandis que Courbeton, Le Petit- Buisson et Tréchy garderont la même configuration.

Le village subira trois occupations, celle des troupes russes en 1814, celle des bavarois en 1815, toutes deux particulièrement éprouvantes pour les biens et surtout pour la population, celle des prussiens en 1870-1871, plus respectueuse des personnes mais aussi exigeante en terme de contribution financière et de réquisitions en tout genre.

Comme tous les villages de France, Saint-Germain-Laval paiera un lourd tribut pendant le premier conflit mondial, puisque 30 de ses enfants seront tués au combat sur une population qui ne comptait que 426 habitants en 1914.

Le village végètera au cours de la première moitié du XXème siècle, pour prendre son essor à partir de 1960.

  

 

 Du rural vers l’urbain

Sous l’impulsion de Fernand Chopin, puis de Jean-Pierre Mastelinck, enfin de Jean-Claude Lentes, Maires successifs de 1958 à 2001, il connaitra une extension rapide qui portera sa population de 356 habitants en 1945 à 2800 en 2001. Seront construits pendant cette période, la cité E.D.F. de Courbeton (130 pavillons), puis le lotissement de Saint-Pierre (300 pavillons), enfin les lotissements de Nanon, Gardeloup, du Murger et de l’Orée de la Bassée, tandis que 180 logements sociaux étaient simultanément bâtis à Courbeton, au Village, au Pré-Vert  et aux Louvières.

Aujourd’hui, en 2010, il s’efforce de maîtriser son développement urbain, d’attirer des entreprises, sources de rentrées financières, d’améliorer sans cesse le service rendu aux administrés tout en préservant un cadre de vie dans un environnement naturel particulièrement agréable.

 

 

 Un gros bourg bien équipé

C’est ainsi qu’il dispose d’une école primaire et d’une école maternelle accompagnées d’un accueil pré et post scolaire, de deux cantines, d’un centre de loisirs, d’une salle de sport et d’une salle polyvalente offrant aux 30 associations qui regroupent plus de mille adhérents, des installations adaptées à la pratique de leurs activités sportives, artistiques, culturelles.

 

 

 Des activités diversifiées

Activité agricole

L’agriculture, qui de tout temps a tenu une place importante dans la vie de la commune, reste encore aujourd’hui la principale activité.

La vigne, qui connut un âge d’or au cours du XIXème siècle, a disparu victime du mildiou et du phylloxéra. Les cultures fourragères, encore importantes dans les années 1960, ont également cessé avec l’abandon de l’élevage des moutons et des bovins. Subsiste, aujourd’hui, la culture du blé, de l’orge et du colza sur les 650 hectares cultivés de la commune.

Les gisements d’argile ont donné naissance, outre la faïencerie, à une tuilerie, qui a fermé ses portes en 1890 et à une usine de produits réfractaires, qui a arrêté son activité en 2004.

Les activités se concentrent de nos jours dans les mains d’un artisanat local dynamique, de petites et moyennes entreprises spécialisées dans la menuiserie, la production de câbles et dans l’installation et la maintenance de l’éclairage public. Une grosse entreprise de transport logistique, la société BERT, a implanté une antenne sur le site de Merlange. Le village dispose enfin de services de proximité, docteur, pharmacie, cabinet d’infirmières, commerce de détail, salon de coiffure.

 

 

 Conclusion

Gros bourg en périphérie de Montereau, aux portes de la Brie verte, Saint-Germain-Laval offre le visage d’un village qui a su s’ouvrir au monde moderne tout en préservant son cadre champêtre et campagnard, synonyme de respect de la nature et d’espace encore vierge.

 

 

 Son patrimoine et ses curiosités  

       une église du XIème-XIIIème siècle, un des plus grands édifices romans construit à l’époque en Île-de-France,
       une maison de maître du XIXème siècle,
       une ferme du XIIIème siècle,
       une ferme forteresse, siège de la seigneurie,
       un lavoir du XIXème siècle,
       un phare aéronautique.