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Personnalités de la commune

François FIEDLER (1921 – 2001)
Peintre de la lumière et du silence

Né le 15 février 1921 à Kassa, en Hongrie, François Fiedler grandit dans un environnement où la culture et l’art occupent une place essentielle.
Très tôt attiré par la peinture, il reçoit une formation exigeante qui le conduit à obtenir un diplôme supérieur de l’Académie des Beaux-Arts de Budapest. Dès sa jeunesse, son talent est reconnu et certaines de ses œuvres entrent dans des collections publiques hongroises.

En 1946, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, François Fiedler quitte la Hongrie pour s’installer à Paris avec sa première épouse.
Quelques mois plus tard, celle-ci disparaît brutalement. Il se retrouve seul dans un pays dont il maîtrise à peine la langue, sans réseau ni soutien.

Pour survivre, il réalise des copies officielles de tableaux célèbres pour des musées, tout en peignant de petites œuvres figuratives personnelles.
Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’il rencontre Claire, qui deviendra sa seconde épouse.
Ensemble, ils s’installent en 1959 dans une petite maison en lisière de forêt, au sud de Paris. C’est là qu’un événement en apparence anodin va bouleverser son œuvre : observant un pot de peinture domestique craquelé par le soleil, il est fasciné par les formes, les textures et la profondeur qui s’en dégagent.
Il décide alors de transposer ce phénomène sur la toile. À partir de ce moment, François Fiedler abandonne définitivement la peinture figurative pour explorer un langage abstrait profondément personnel, fondé sur la matière, la lumière et le hasard maîtrisé.

Le destin place ensuite sur son chemin l’un des plus grands artistes du XXᵉ siècle. Joan Miró découvre l’une de ses œuvres dans une petite galerie parisienne et en est profondément marqué. Il cherche à rencontrer l’artiste, se lie d’amitié avec lui et le présente à Aimé Maeght. Cette rencontre ouvre à François Fiedler les portes de la prestigieuse galerie Maeght et d’un cercle artistique exceptionnel, aux côtés de Giacometti, Braque, Chagall, Miró, Calder, Ubac, Tal-Coat et bien d’autres figures majeures de l’art contemporain.
Soucieux de rendre son art accessible, François Fiedler développe parallèlement un travail de gravure et d’estampe.

Constatant que de nombreux amateurs ne peuvent acquérir des peintures à l’huile, il cherche à transmettre la même intensité émotionnelle et spirituelle à travers l’eau-forte, les monotypes et les tirages en séries très limitées.
Il innove sans cesse, donnant à ses gravures une densité et un relief rares, et interrogeant profondément les notions d’unique, de multiple et d’identité.

À partir de 1959, il s’installe à Gardeloup, sur la commune de Saint-Germain-Laval, où il poursuivra son travail jusqu’à la fin de sa vie.

Artiste solitaire, discret, refusant d’assister à ses propres vernissages, il aimait dire qu’il partageait l’exécution de ses œuvres avec la nature et le hasard.
Sa carrière, riche et féconde, s’étend sur près de six décennies.
Respecté et admiré par le monde de l’art, il n’a pourtant jamais recherché la reconnaissance médiatique, préférant une œuvre silencieuse, profonde, qui se révèle lentement à celui qui la contemple.

François Fiedler s’éteint le 22 octobre 2001. Il repose aujourd’hui au cimetière de Saint-Germain-Laval, commune à laquelle il est demeuré intimement attaché.

Georges CLAUDE (1870 – 1960)
Chimiste, Inventeur et Industriel Visionnaire

Georges Claude est né à Paris le 24 septembre 1870.
Chimiste de formation et ancien élève de l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris, il s’illustre dès ses premières recherches par des découvertes qui marquent durablement l’industrie et la science.
Il débute ses travaux sur la dissolution de l’acétylène dans l’acétone, une découverte qui ouvre la voie à l’utilisation industrielle de ce gaz.
Parallèlement, en 1902, il développe un procédé de liquéfaction de l’air, améliorant celui de Carl von Linde.
Ses brevets sur cette innovation industrielle conduisent à la fondation de la Société Air Liquide, entreprise qui demeure aujourd’hui un leader mondial dans la production de gaz industriels.

Dès 1910, il préconise l’emploi de l’oxygène liquide en sidérurgie, une application qui ne sera pleinement mise en œuvre qu’après la Seconde Guerre mondiale.
Ses recherches sur les gaz rares extraits de l’air liquide l’amènent à inventer le premier éclairage au néon, utilisant l’émission lumineuse produite par les décharges électriques dans les tubes à gaz.
Pendant la Première Guerre mondiale, Georges Claude explore les applications militaires de ses recherches : en 1913, avec Arsène d’Arsonval, il découvre les propriétés explosives d’un mélange d’oxygène liquide et de charbon, utilisé pour les premières bombes d’aéroplanes.

Il développe également une méthode de repérage sonore des batteries d’artillerie ennemies et imagine un canon capable de détruire les réseaux de barbelés sans dégâts collatéraux. Sa bravoure et sa participation à de nombreuses missions aériennes lui valent en 1915 la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palme.

En 1917, il met au point un nouveau procédé de synthèse de l’ammoniac, consolidant sa réputation d’inventeur polyvalent et industriel de premier plan.

Humble quant à ses réussites, Claude considérait que « ses découvertes ne sont que le résultat de l’avancement général de la science » et que le succès d’un procédé industriel découle d’« innombrables travaux le plus souvent désintéressés ». Il ajoutait avec humour que « l’habit du succès est fait de beaucoup de vestes », résumant sa philosophie de persévérance face à l’échec.

Au sortir de la guerre, en 1919, Claude collabore avec la Société Saint-Gobain, Chauny et Cirey et Air Liquide pour créer la Société Chimique de La Grande-Paroisse, exploitant son brevet d’ammoniac synthétique.
L’entreprise se développe rapidement, intégrant également une fabrique de colorants au soufre utilisés dans la teinture du coton pour leur qualité et leur résistance au lavage.

À partir de 1926, Georges Claude s’intéresse aux problèmes de production d’énergie, expérimentant la génération d’électricité par la différence de température entre la surface et le fond des mers chaudes. Il finance personnellement ces recherches, vendant son domaine de Tréchy pour financer ses expérimentations.
La Seconde Guerre mondiale ternit la carrière de Georges Claude.
Son attitude collaborationniste conduit à son exclusion de l’Académie des sciences et à sa condamnation en 1945 à la réclusion perpétuelle, dont il sera gracié en 1950.
Malgré ces événements, il poursuit ses recherches sur l’énergie marine jusqu’à sa mort le 21 mai 1960.

Georges Claude reste une figure majeure de l’innovation scientifique et industrielle du XXᵉ siècle. Inventeur, chimiste et industriel visionnaire, ses travaux sur les gaz, l’éclairage et la chimie industrielle ont durablement marqué l’industrie moderne, tout en illustrant la complexité d’une vie scientifique traversée par les enjeux de son époque.
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